Seul•e


Contrairement à toutes ces pensées philosophiques qui défilent sur notre fil Facebook, on n’a pas tous une famille que l’on adore et « qui est toujours là pour nous accueillir sans nous juger ». Non, tous n’ont pas une mère aimante qui nous enveloppe de son amour, ou une sœur qui est aussi notre meilleure amie.

La famille parfaite n’existe que pour très peu d’entre nous.

J’ai toujours rêvé d’être entourée d’une grande famille généreuse de chaleur et d’amour.  Mais ce n’est pas mon cas. Rien n’a été facile pour moi dans le dossier « famille », que ce soit avec ma fratrie et mes parents, ou avec la famille que j’ai fondée.  J’ai dû rapidement et brutalement laisser tomber l’idéal de la famille telle que je l’avais rêvée.

Le deuil de la famille unie

Ce fut un deuil long et difficile. Après ma séparation, j’ai entretenu longtemps des attentes irréalisables envers ma famille. Malgré toute leur bonne volonté, le réconfort et le soutien émotionnel, dont j’avais cruellement besoin, n’y étaient pas. Il m’était impossible de me poser dans un espace chaleureux pour partager sincèrement mes émotions. Le sentiment de solitude s’est donc ressenti encore plus profondément.

J’ai récemment fait un triste constat… personne dans ma famille, proche ou élargie, ne m’a servi de modèle… personne que j’aurais même pu admirer juste un peu.  J’avais plutôt la désagréable impression de perpétuer des patterns qui se répétaient depuis plusieurs générations, cette tradition familiale d’abdication et de résignation devant les épreuves. Il m’a fallu plusieurs années pour sortir du moule transgénérationnel et comprendre comment me servir de ces épreuves pour apprendre, avancer et vivre heureuse.

En fait, je peux aujourd’hui affirmer que les deux seules personnes qui m’inspirent de l’admiration dans ma famille sont mes deux garçons. Je les admire d’avoir pu se sortir d’une situation familiale hautement conflictuelle, pour s’engager dans une belle carrière, chacun dans leur domaine.

 

Trouver du réconfort ailleurs

Cette absence de modèles et d’un filet familial uni et solide ajoute une autre couche à la difficulté de se retrouver solo.  Il est alors important de se tourner ailleurs pour trouver cette chaleur et ce support dont tout être humain a foncièrement besoin. J’ai eu la chance d’être accueillie et réconfortée pas un cercle d’amies précieuses, qui m’ont« ramassée » quand j’étais en morceaux.

Je crois fortement l’aphorisme disant que les ami•es sont la famille qu’on n’a pas. J’ai développé plusieurs liens d’amitié solides, et certaines amies sont comme mes sœurs.

Mais il arrive des moments où les amies ne sont pas disponibles… c’est là qu’il devient important d’identifier ce qui nous fait du bien, ce qui nous garde à flot et nous empêche de sombrer.

 

Revenir à soi, encore et toujours

J’ai compris avec le temps que je n’étais pas destinée aux relations de type« rebound », dont plusieurs se servent comme pansements provisoires dans leur vie amoureuse, après une séparation. Au contraire, la vie m’a plutôt apporté de longues périodes de solitude, entrecoupées d’histoires compliquées, qui se sont présentées sur mon chemin pour que je comprenne encore un peu plus mes « héritages » affectifs.

J’ai développé des réflexes nouveaux pour me « ramener » quand je perds le fil de ma vie et que je ne retrouve plus le bonheur sur mon chemin.  Bien sûr, avec l’âge et les apprentissages que j’ai fait, ces moments sont devenus rares. Mais ils se présentent encore de temps en temps, et la seule solution est de les accueillir, les observer et les comprendre, pour me « réaligner » à nouveau sur le beau chemin que j’ai réussi tant bien que mal à me tracer.

Je le dis et le répéterai toujours… NOUS sommes la seule personne sur laquelle nous pouvons entièrement compter. Et avec tout le travail que j’ai fait sur moi dans les vingt dernières années, je peux vous assurer que je continuerai d’en être certaine, même si je me retrouvais à vivre en couple. Car oui, je me souhaite de vivre l’amour à nouveau, mais je sais maintenant que cela ne sera jamais au détriment de l’amour et du respect que je me porte à moi-même.

 

 

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